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ASCA : Association Sportive des Chasseurs à l'Arc : Historique

L'ASCA est née officiellement le 10 septembre 1969 à Saint-Cloud, au 32 de la rue du Calvaire, selon la déclaration effectuée par Charles de Lasteyrie du Saillant auprès de la Préfecture des Hauts de Seine.

"ASCA" pour:

  • Association, c'est à dire un groupe d'amis ayant ensemble une même activité et la même recherche d'un retour aux sources.
  • Sportive, car désireuse avant tout de pratiquer son sport dans toute sa pureté, sans concession à la facilité, et dans le plus grand respect des équilibres naturels.
    Elle se veut à ce titre garante d'une éthique cynégétique de haute valeur.
  • des Chasseurs, car elle ne recrute ses membres que parmi les chasseurs confirmés, ayant une connaissance approfondie de la vie sauvage et une science suffisante de l'approche et de l'affût pour pratiquer leur art avec efficience.
  • à l'Arc, car ils ont choisi cette arme difficile, sachant la maîtriser avec suffisamment d'adresse pour que l'acte final soit proprement effectué.

Dans les années 1963-1964, le docteur Michel Deramond, capitaine de la compagnie d'arc de Rieux (Oise) , ornithologue distingué et grand chasseur tant en France qu'en Afrique, avait eu l'occasion de rencontrer des américains stationnés sur les bases de l'OTAN en Allemagne et en France qui pratiquaient la field archery. Séduit par cette pratique, il allait la promouvoir en France. Parmi les recrues de cette nouvelle (en France) forme de tir à l'arc se trouvaient quelques chasseurs au fusil ou à la carabine, qui rapidement se mirent à rêver d'employer leur arme favorite pour chasser. Mais la législation française était pour le moins floue sur le sujet et sujette à des interprétations opposées et les parcours de field archery du château des Rochers à Rieux, de Précy sur Oise, de Gouzangrez, des Deux Cats Noirs près de St Wandrille, ... étaient le lieu de discussions et de conciliabules qui aboutirent à la conclusion qu'il fallait créer une association pour pouvoir avec prudence faire avancer les choses.

chasseur à l'arc dans la savane

En Afrique, au Tchad, Michel Deramond emmenait dans ses expéditions un arc en plus de ses carabines et flécha quelques animaux dont un oryx en 1964. Tiré à 15 mètres avec un arc de 65 livres et une flèche en bois équipée d'une pointe Bear Razorhead, l'animal parcourut 150 m après le tir. A comparer avec les tirs effectués plus récemment par les autres archers français en Afrique: distance moyenne de tir, 26,5 m, force moyenne d'arc de 69 livres et des animaux parcourant en moyenne 362 m.
En 1966, paraissait la traduction française par Ph.Gras du livre de Donald L Thomson: "Better Bowmanship for the Sportsman".

Suite à une lettre reçue de Henri Hémery, capitaine de la compagnie de Gouzangrez, durant l'été 1968, et sur l'amicale pression de Michel Deramond, Charles de Lasteyrie, jeune retraité de l'aviation civile, accepta de s'occuper de former une association de chasseurs à l'arc: conciliabules avec quelques chasseurs fréquentant les terrains de tir Field (on ne parlait pas encore de tir " en campagne"), mise au point des statuts, rencontres administratives. C'est ainsi que, un an plus tard, après l'assemblée constitutive tenue dans les locaux de l'Arc Club de France (gracieusement mis à notre disposition par l'entremise de Gilbert Lassalle), naquit officiellement le 1er août 1969 l'Association Sportive des Chasseurs à l'Arc. A la même époque, avec l'aide de Marcel Decatoire, Michel Deramond et Claude Sauvard, Philippe Gras inventait le "Parcours Chasse", parcours d'entraînement récréatif pour les chasseurs qui, plus tard, compétition oblige, sera défiguré et deviendra "Parcours Nature" dans le cadre de la Fédération Française de Tir à l'Arc.

Les participants de la première heure s'appelaient:

  • Michel Deramond †, radiologue, ornithologue, botaniste
  • Charles de Lasteyrie du Saillant, ancien pilote de ligne
  • Robert Tétaud †, docteur en médecine
  • Jean Schrobiltgen †, cadre d'entreprise
  • Claude Sauvard, publicitaire
  • Philippe Gras, capitaine au long cours
  • Henry Hémery †, artisan
  • Marcel Decatoire †, cartonnier
  • Pierre Barbier Sainte Marie †, retraité
L'objet de l'association, défini alors et inchangé depuis trente ans, est de:
  - Faire connaître, puis renaître un sport plusieurs fois millénaire en développant la pratique de la chasse à l'arc.
  - Promouvoir, à cette occasion, l'art de l'approche et ses techniques.
  - Coopérer avec les Organismes d'Etat, les Associations de chasseurs et de défense de la nature, pour protéger et développer le gibier et son habitat naturel.
  - Coopérer avec la Fédération Française de Tir à l'Arc afin de perpétuer l'utilisation de l'arc suivant ses anciennes et honorables traditions.

suivis l'année suivante par Gilbert Lassalle † et Georges Lunel ainsi que par deux membres d'honneur, qui, s'ils ne chassaient pas eux-mêmes à l'arc, avaient eu la gracieuseté de nous laisser expérimenter quelques aventures sur leurs territoires, Stanislas d'Escayrac Lauture (grand-père de Xavier d'Ouince, Asca nº135) et Enguerand de Vergie. Gilbert Lassalle, quant à lui, mettra à notre disposition les locaux de l'Arc Club de France et durant de nombreuses années gérera la trésorerie de l'ASCA.

Le 18 octobre 1969, après déclaration de l'association à la préfecture des Hauts de Seine, avait lieu une nouvelle assemblée générale qui mettait au point le règlement intérieur (resté toujours dans la même philosophie durant son évolution au cours de 30 ans), et fixait la cotisation 1969/70 à 200,00 F (soit 30,49 euros).
Claude Sauvard, sur les indications de l'assemblée, dessina un insigne sobre et élégant qui franchit les décades sans vieillir. Il fut décidé d'attribuer à chaque membre un insigne numéroté suivant l'ordre d'entrée dans l'association. Des démarches sont alors entreprises par le président Charles de Lasteyrie, aidé de Michel Deramond, tant auprès de l'Office National de la Chasse que du Conseil Supérieur de la Chasse et de l'Union des Présidents de Fédérations de Chasseurs. La position officielle, à l'époque, est que la chasse à l'arc est interdite (sans qu'aucun texte législatif justifia cette interdiction) et, dans un premier temps, il est envisagé de négocier des autorisations individuelles pour les membres de l'ASCA.

En 1973, l'ASCA eut connaissance d'un projet d'arrêté sur la chasse prévoyant entre autres l'interdiction des armes de jet à la chasse (dont l'arc et méconnaissant au passage que, par définition, le fusil est aussi une arme de jet ). Chaque membre de l'ASCA écrivit à son député pour qu'il intervienne et propose un amendement: l'arrêté vit le jour sans l'interdiction des armes de jet. Ce projet est à rapprocher de notre arrêté de février 1995, qui tout en reconnaissant l'arc en a profité pour interdire à la chasse à tir tout autre arme que arme à feu ou arc.

Pendant plusieurs années ce sera un long travail de fourmi qui peu à peu nous fera connaître et admettre sans pourtant que les autorités osent se mouiller officiellement, seule l'Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier (ANCGG) nous donnera son appui. Il fallut démontrer au monde de la chasse, en particulier aux chasseurs sérieux que, non, malgré son caractère d'arme silencieuse, l'arc n'était pas une arme de braconnier et que, malgré son énergie ridicule, la flèche tuait très proprement.

Dès le début de l'association, il est décidé de faire passer un examen aux nouveaux membres portant sur les connaissances cynégétiques, l'aptitude au tir et la connaissance du matériel d'archerie employé à la chasse (A l'époque l'examen pour obtenir le permis de chasser n'existait pas). Et plus tard, l'ANCGG s'inspirera de notre examen pour monter le Brevet Grand Gibier. La chasse dépendait des possibilités de territoires peu nombreuses à l'époque et vu notre petit nombre nous nous retrouvions ensemble fréquemment chez des amis de Charles de Lasteyrie, chez Michel Deramond, au château de Sainte Claire (près de Compiègtne) dont la chasse (300 ha enclos) était alors gérée par Jean-Pierre Menu.

En février 1986, Xavier Péchenart remplace Charles de Lasteyrie à la présidence de l'ASCA. Cela lui donne l'autorité nécessaire pour créer la Fédération des Chasseurs à l'Arc regroupant l'ASCA avec quelques autres associations qui s'étaient formées dans les années précédentes (Bowhunting Club, Chasseurs à l'Arc de Champagne, L'Encoche, Chasseurs à l'Arc Aquitaine Charente, Archers de St Hubert, et d'autres....). A une première période où l'ASCA a fait connaître la chasse à l'arc dans les milieux cynégétiques , succède alors une seconde période visant à faire reconnaître l'arc comme une arme de chasse à part entière et qui, de Tribunal d'Instance en Cour de Cassation, avec les tribulations judiciaires du BowHunting Club, trouvera sa conclusion dans l'arrêté du 15 février 1995 autorisant et réglementant la chasse à l'arc.

En octobre 1990, Xavier Péchenart laisse la présidence de l'ASCA à Michel Deramond, car président de la jeune Fédération des Chasseurs à l'Arc, il est de plus en plus occupé avec son organisation et, encore plus, avec le combat acharné mené par la FCA devant les tribunaux pour faire enfin reconnaître la chasse à l'arc. Michel Deramond est nommé au Conseil Supérieur de la Chasse et de la Faune Sauvage; sa présence au sein de cet organisme sera une aide précieuse durant les travaux préliminaires à l'arrêté du 15/02/95.

arc recurve

Comme toute association "Loi 1901", l'ASCA est dotée de statuts (inspirés des statuts du Club de la Maison de la Chasse) prévoyant, en plus des membres actifs et membres d'honneur habituels aux associations, des membres fondateurs choisis par le Comité Directeur. Leur rôle consiste: - à donner à tous les membres l'exemple de la correction sportive, de la bonne tenue et de la camaraderie, - à formuler des voeux auprès du Comité Directeur en conformité avec l'objet de l'Association. Les membres du Comité Directeur (12) sont élus pour neuf ans avec renouvellement par tiers tous les trois ans et élisent en leur sein un Bureau (composé d'un président, un ou deux vice-présidents, un trésorier, un secrétaire et un secrétaire adjoint) renouvelable tous les trois ans.
L'assemblée générale annuelle a lieu habituellement au mois de mai et le cycle annuel est l'année cynégétique (du 1er juillet au 30 juin).
Du fait qu'elle était la seule association de chasseurs à l'arc lors de sa création, ses membres sont relativement éparpillés géographiquement et le plaisir des rencontres n'en est que plus vif, une "Lettre de l'ASCA" servant de lien entre temps.

Dans le monde de la chasse à l'arc, l'ASCA est un peu le frère aîné qui, tantôt est pris en exemple (Asca Limousin, Asca Loiret, ...), tantôt est envié, d'où parfois une fausse réputation de snobisme. L'ASCA est avant tout un groupement d'amis animés d'une passion commune, où chacun se voit donner la mission de colporter aux autres chasseurs et non-chasseurs la bonne parole de l'Association et de leur faire partager notre motivation. En fait il ne s'agit que de décrire un esprit, une éthique ou une "religion" du pourquoi chasse-t-on à l'arc! Différence et complémentarité avec les autres modes de chasse à tir.

Venus de toute part et de tous milieux, les membres de l'ASCA ont adhéré à l'association par la sagesse et l'esprit qui en émerge. Un règlement intérieur nous rappelle quelques conventions et lois de ce "sport", cela étant défini dans le nom même de l'association.

chasseurs à l'arc

L'esprit "sportif" est transmis à chaque nouveau membre par le parrainage d'anciens de l'ASCA, puis par les réunions et le partage de connaissances acquises sur le terrain. Nous n'avons pas bloqués ou cristallisés certains matériels, mais nous nous conformons à la loi en vigueur, cet arrêté fruit d'une longue et patiente quête, commencée quelques vingt-six ans auparavant La chasse à l'arc est un Art. Pour la pratiquer, il faut une connaissance approfondie de la Nature et une science suffisante de la chasse, avec le plus grand respect des équilibres naturels. Ce mode de chasse noble et difficile ne s'accomplit qu'avec maîtrise et avec adresse: à chacun d'ailleurs de trouver sa distance de tir idéale et de conclure une chasse et l'acte final en tout bien tout honneur.

Pour parfaire cet esprit sportif, il est rappelé que contrairement à ce que l'on entend du mot "sport", il est banni de parler de compétition à la chasse. Ainsi, malgré le vent venu des USA, cette chasse dite "trophéiste" ne nous concerne pas. Le fameux dicton de Michel Deramond, Asca nº1 nous rappelle: "N'hésitez jamais devant ce que vous envoie St Hubert, Eustache, Diane, Nemrod ou Pierre, c'est un cadeau qu'ils ne renouvelleront sans doute pas!"

Enfin, ce qui caractérise le mieux les archers de l'ASCA, c'est leur parfaite correction et savoir-vivre à la chasse, ainsi que leur rigueur sur la connaissance cynégétique et leur matériel.

Dans le livre "Le Grand Gibier" (Hatier 1990), le paragraphe suivant servira de conclusion sur la philosophie de notre Art:
"Il ne s'agit pour les archers ni de réaliser des tableaux, ni de vérifier leur adresse sur des animaux vivants mais de retrouver toutes les finesses de l'approche jusqu'à se trouver à quelques mètres d'un animal libre pourvu de tout son capital de ruse et de fuite et de garder suffisamment de contrôle pour armer l'arc et décocher une flèche avec précision. Difficile et sportive, la chasse à l'arc ne saurait concerner que des archers confirmés, ayant des connaissances étendues sur la biologie et sur l'écologie des espèces gibiers."